Lorsque le musée a tendu l’oreille
Le lecteur se demandera peut-être pourquoi l’enseignement du son et des paysages sonores est devenu un élément essentiel du travail du service pédagogique du musée de Vesthimmerlands, au Danemark. L’histoire tient un peu de l’aventure.
Il était une fois – oui, c’est ainsi que l’histoire commence le mieux quand on vient du pays de Hans Christian Andersen – un enseignant du service pédagogique du musée de Vesthimmerlands qui reçut une question de la part de l’anthropologue musicale Eva Fock[1] : Le service pédagogique pourrait-il envisager un potentiel éducatif dans le thème de l’âge de pierre, en prenant comme point de départ : le son, la fabrication d’instruments et l’archéologie ?
Musée Vesthimmerlands, Aars, Danemark
Le projet, The Sound of Ancient Times[2], a été une véritable porte d’entrée vers un univers merveilleux et a déclenché un véritable effet boule de neige. Du jour au lendemain, le son, les enregistrements sonores et le travail autour de l’univers conceptuel du son ont pris une place centrale dans l’enseignement, en lien avec les connaissances archéologiques. Parallèlement, nous avons pris conscience à quel point notre langage est en réalité insuffisant pour décrire le son. Essayez, par exemple, de mettre des mots sur le bruit d’un pneu de voiture mouillé qui roule sur l’asphalte. Ou sur le bruit de la pluie qui tombe sur les arbres. C’est étonnamment difficile.
Grâce à la collaboration avec la chercheuse en acoustique Ingeborg Okkels [3], de nouvelles méthodes, un langage sonore et de nouveaux outils ont été introduits. Parallèlement, nous avons pris connaissance d’études montrant qu’environ 30 % des enfants danois de 6 ans possédaient un vocabulaire similaire à celui d’un enfant de 3 ans. Le lien est alors apparu clairement : le travail sur le son consiste précisément à mettre des expériences sensorielles en mots et à renforcer le langage par le biais de l’éducation au patrimoine culturel.
L’expérience a montré que le travail autour du son est très motivant pour les élèves du secondaire. Une question s’est donc naturellement posée : ces méthodes pourraient-elles également être utilisées avec des enfants plus jeunes ?
C’est ainsi qu’est né « Sound of Stories », un projet Erasmus+ à petite échelle réunissant des partenaires de Belgique, du Danemark, de Pologne et de la République tchèque. Le projet a notamment porté sur :
- Les avantages de l’utilisation de l’audio dans l’enseignement
- Recueillir des paysages sonores et constituer une bibliothèque sonore
- Des récits audio et cours pédagogiques
La bibliothèque audio comprenait également des « paysages sonores anciens reconstitués ». Dans ce cadre, des sons et des paysages sonores ont été enregistrés dans des musées en plein air, tels que le village de l’âge du fer de Hvolris, le Centre de l’âge de pierre d’Ertebølle et le Centre médiéval.
La première version de « Sound of Stories » a suscité un vif intérêt, notamment auprès des éducateurs et des enseignants. Les ressources ont été téléchargées plusieurs milliers de fois. Les cours d’essai ont également fait naître une demande pour une formation sur l’utilisation du son dans l’enseignement.
Cela nous amène au chapitre suivant de cette histoire : le tout nouveau Sound of Stories 2.0.
Mais pourquoi le son a-t-il un tel impact dans l’enseignement ? Et que se passe-t-il réellement lorsque les élèves commencent à écouter activement le patrimoine culturel ? Nous approfondirons cette question dans la partie suivante. D’ici là, « Restez à l’écoute » est une expression utilisée dans Sound of Stories 2.0.
Le Centre médiéval de l’île de Lolland. Photo : Musée de Vesthimmerland, Danemark
Notes de bas de page
[1] Eva Fock : Anthropologue de la musique www.earswideopen.dk
[2] The sound of the ancient times: www.lydenafoldtiden.dk ( traduit : Les sons d’autrefois)
[3] Ingeborg Okkels: www.lydvaerk.dk